Mendicité : Vers un durcissement de la législation
* Devant la propagation constante de la mendicité systématique, un projet de loi contre «les professionnels» de la charité serait fin prêt.
* L’approche sécuritaire semble plus que jamais de rigueur face à la constitution de réseaux professionnels, surtout dans les zones les plus touchées par ce phénomène.
Ce sont les précisions de Nouzha Skali devant les conseillers qui ont ranimé le débat sur la mendicité professionnelle au Maroc. «Ce n’est pas uniquement la pauvreté qui pousse des gens à mendier, a souligné la ministre du Développement Social, de la Famille et de la Solidarité, je l’ai dit à maintes reprises : il y a près de 62% des mendiants qui sont des professionnels qui utilisent des nourrissons ou des personnes âgées» pour se livrer à leur activité.
S’agissant des chiffres officiels présentés par Nouzha Skalli, il y a actuellement près de 195.000 mendiants au Maroc dont près de 9.000 ont été réintégrés au sein de la région du Grand Casablanca et près de 6.500 dans la région de Rabat-Zemmour-Zaër qui est la plus touchée par le phénomène avec près de 22% de cas recensés.
«4,6 millions de DH ont été débloqués pour intégrer les mendiants, a souligné la ministre de la Solidarité, qui estime que l’approche sécuritaire à elle seule pour affronter ce fléau ne saurait être suffisante.
«Il y a un projet de loi en cours de gestation pour lutter contre la mendicité professionnelle, a-t-elle souligné, mais il y a aussi des campagnes de «sensibilisation des citoyens pour qu’ils continuent de manifester leur solidarité sans que cela ne se transforme en encouragement à la mendicité professionnelle», a-t-elle averti.
La stratégie de réintégration des mendiants au sein de leur famille se base essentiellement sur les activités génératrices de revenus. Les efforts se sont d’abord concentrés dans les régions de Casablanca, Rabat et Fès qui sont les zones les plus concernées par cette activité.
D’autres indicateurs enseignent que les personnes âgées de 18 ans et moins représentent près de 11,5% du total des mendiants ; tandis que les mendiants mariés représentent la majorité avec près de 35%.